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Un sport, une passion, une envie ...

30 Aug

GRP 2014 ( 120 km )

Publié par Yannick D.  - Catégories :  #trail

Grand Raid des Pyrénées

« Le Tour des Cirques 120 km ( 7000mD+) »

Après la déconvenue de l'année dernière (hors délai à Hautacam sur le 160 pour ...9mn!!), me voici aligné sur le Tour des Cirques , course de 120 km pour 7000m D+; ayant monté deux années à suivre le Pic du Midi, ce nouveau circuit me permettait de voir une autre facette des Pyrénées.

GRP 2014 ( 120 km )

Nous sommes 2 du club de l'Asaec Guer ( moi-même et Marco) à venir affronter cette 1ère édition où le départ est donné à 9h de Piau-Engaly à une vingtaine de kilomètre de Vielle-Aure

Cela nous fait prendre la navette à 7h avec une petite mise en jambe d'1,4 km pour rejoindre le point de rendez-vous; ¾ d'heure de bus et nous voilà dans la station de Piau situé à 1800m d'altitude

GRP 2014 ( 120 km )
GRP 2014 ( 120 km )
GRP 2014 ( 120 km )

Un peu moins de 500 coureurs sont au départ; dernier briefing de Simon ( l'organisateur) pour nous annoncer de la pluie début d'après-midi!!

En attendant, c'est sous le soleil et quelques nuages que le départ est donné avec une petite descente d'à peine un kilomètre avant d'attaquer la première montée jusqu'au sommet de Piau ( 744m D+ sur 5 km). Avec Marco, nous étions venu faire une petite reco 4 jours plus tôt afin de se mettre dans le bain

GRP 2014 ( 120 km )

Cette montée permet d'étaler le « troupeau », le chemin est large, pas de risque de se gêner; Je pars prudemment afin de ne pas me mettre dans le rouge; j'ai prévu d'arriver au ravito vers 11h soit 2h de course comme indiqué sur mon plan de course qui est basé sur 32h30 si tout se passe bien!!

Vue sur Piau Engaly lors de la reco

Vue sur Piau Engaly lors de la reco

GRP 2014 ( 120 km )

J'atteins le sommet sans problème; j'attache mes bâtons dans le dos ce qui suscitera la curiosité de beaucoup du fait que se sont des bâtons d'un seul brin et …« tordus »( faudrait que je pense à me faire sponsoriser par Guidetti...!!!) pour descendre en courant sur un chemin large et propre mais de courte durée car s'ensuit un chemin peu large et glissant par ses cailloux ce qui donne droit à ma première chute; faut dire que les descentes techniques, ce n'est pas mon fort!!!

Malgré tout j'arrive au ravito à 10h25, 15 min après Marco. Juste le temps de faire le plein des gourdes que je n'avais pas remplis pour ne pas m'alourdir inutilement, et c'est reparti pour affronter le Port de Campbieil situé à 2600 m d'altitude et c'est 770m D+ sur 6 km qui nous attend pour y arriver.

A la sortie de la station de Piau Engaly, je décide de courir avant d'attaquer la montée mais malheureusement pas longtemps car j'ai les cuisses qui me brûlent déjà!!! pas bon signe...du coup je marche rapidement en espérant que cela passe!!

GRP 2014 ( 120 km )

J'entame le début de l'ascension, les cuisses me font de moins en moins mal: tant mieux. En levant la tête, on aperçoit au dessus d'une partie enneigée, les coureurs qui sont déjà au sommet; je pense à Marco qui doit y être. L'orage se met à gronder puis la pluie s'invite au rendez-vous; je m'arrête comme tout le monde pour enfiler mon « imper!! ». La montée se fait lentement avec des températures qui diminuent. Je me retrouve en tête d'un groupe; sentant que j'avance pas vite, je préfère m'arrêter pour laisser passer et me mettre en queue de peloton mais je suis vite distancé; mes jambes n'avancent pas comme je le voudrais et le froid commence à prendre le dessus entre l'altitude et ce petit vent alors que la pluie tombe toujours!! On ne doit pas être loin de 0°. Je m'arrête à nouveau pour enfiler ma veste de froid ainsi que les gants

12h12: je passe le sommet; direction Gèdre avec 10 km de descentes ( et 1600 D-) où il va falloir redoubler de vigilance sur un terrain bien mouillé. Les températures augmentent ce qui permet d'enlever une épaisseur. La météo n'est pas propice aux photos: dommage!

GRP 2014 ( 120 km )

Une chute sans gravité m'amène à ralentir un peu; passer la piste de luge (à pied!!) on arrive au ravito avec pointage à l'entrée: il est 14h00. Pas beaucoup de place pour se poser, un peu trop d'accompagnateurs à mon goût ont envahis la salle, déjà qu'elle n'est pas grande !!! Heureusement un coureur repart, ce qui libère une chaise. Première chose, mettre à sécher ma veste de froid que j'ai mouillé avant même de la mettre sur mon dos en la sortant du sac lors de la montée. Ensuite ravitaillement sauf que rien ne me fait envie; je prends un efféralgan car j'ai mal au crâne et me force à boire une soupe. Je fais le plein des gourdes: une en eau et l'autre en boisson isotonique. Après ½ heure d'arrêt, je range ma veste (qui n'a pas séché!!) et repars avec manchette et veste imperméable car il pleut toujours!!

Vue sur Gèdre
Vue sur Gèdre

A la sortie de Gèdre, on entre dans un sous bois pour effectuer environ 5 km de montées avant d'atteindre le plateau; des blocs de pierres mouillées donnent droit à quelques glissades; j'avance lentement, je trouve cette montée difficile alors que ce n'est pas la plus dur; le problème, c'est que les jambes ne suivent pas !!!!

GRP 2014 ( 120 km )

Passé le plateau, où je n'ai pas trouvé le ravito en eau ( apparemment ce n'était qu'une source …), on rejoint le lac des Gloriettes. Je me fais doubler par deux concurrents que je n'arrive pas à suivre.

En ce qui concerne le paysage, j'ai de la chance: il pleut moins et les nuages se dissipent un peu, ce qui me laisse voir le paysage de chaque coté du barrage

GRP 2014 ( 120 km )GRP 2014 ( 120 km )

J'en profite ( et me force !!!) pour manger un peu; je croque dans une pâte de fruit mais j'ai du mal à l'avaler. Passé le parking du barrage, j'entame la montée mais je sens que ça ne va pas; voyant des coureurs pas loin derrière, je m'assois pour les attendre; je suis pris de vomissements: que du liquide + le petit bout de pâte de fruit !!! Arrivé à mon niveau, l'un d'eux me propose du saucisson que j'accepte mais pour manger un peu plus tard, j'attends que mon estomac se dénoue un peu !! je me relève pour les suivre mais cela ne durera même pas 5mn; je me rassois et me demande ce qu'il m'arrive !!!Après quelques minutes a essayer de souffler profondément, d'autres coureurs arrivent: « y a pas à chier, faut que je m'accroche à eux, je ne peux pas rester tout seul ici » Je me lève et tente de les suivre; j'en profite pour manger un bout de saucisson. Je vois que je n'arrive pas à suivre la cadence mais j'essaye de les garder en point de mire et d'aller à mon rythme; je reviens à la hauteur de Laurent (Martin); petite discussion entre breton pendant 1 ou 2 km avant de le laisser partir pour la montée de la Hourquette d'Alans.

Obligé de m'assoir au début de cette ascension: je n'y arrive plus, rien ne suis, ni les jambes,ni le cerveau, ni l'estomac, RIEN; je suis encouragé par les coureurs qui me passent mais rien n'y fait; j'avance je ne sais pas comment!!!!Je reçois un message de Marco comme quoi il arrête à Gavarnie:ça ne m'encourage pas!

19h30: J'atteins le sommet et entame la descente vers le ravito au refuges d'Espuguettes; j'appelle Marco et lui annonce que je vais arrêter aussi; il est déjà à Gavarnie et abandonne; J'appelle ensuite ma femme pour lui annoncer ma décision; elle s 'aperçoit que cela ne va pas du tout, que je « pète les plombs » car je lui annonce: « la course à pied c'est fini, entraineur aussi , que tout ça ,c'est plus pour moi, je n'y arriverais jamais avec ce p... d'estomac! C'est décidé, je me remets au badminton ou au ping-pong!!!! »

Mais malgré tout ça, il faut rejoindre Gavarnie et au plus court sans passer par le cirque ! Alors j'avance du mieux que je peux car pour ne pas arranger les choses je me casse la « margoulette »sur ce terrain glissant, limite dangereux

Refuge d'Espuguette
Refuge d'Espuguette

J'entends une cloche sonné, je ne rêve pas, j'arrive au refuge avec un accueille chaleureux, ça fait du bien; Je retrouve le groupe qui m'avait donné du saucisson( j'apprends qu'il sont de Charente-Maritimes).On me propose de la soupe, ce qui n'était pas prévu. J'accepte volontiers n'espérant pas grand chose, si ce n'est me réchauffer un peu; J'en prendrais deux fois tellement elle est bonne et surtout qu'elle passe bien. Je ne tarde pas de peur de prendre froid et espérant rattraper et suivre les Charentais!

Je ne serais dire ce qu'il y avait dans la soupe ( j'ai oublié de demander), mais toujours est-il qu'au fur et à mesure que je descends à la poursuite du groupe, je sens que cela va de mieux en mieux; j'en rattrape un qui a été légèrement distancé; 2/3 mots pour lui dire que cela va mieux et je continue sur mon rythme. Je me remets même à courir sur les parties pas trop techniques;

Le fait d'avoir arrêté le sucré(aussi bien liquide que solide), depuis le lac des Gloriettes et d'avoir pris de la soupe, je pense ( j'en suis même sûr !!) que cela « m'a remis l'appareil digestif en place, du coup cela a reconnecté le cerveau (qui était au plus bas) et les jambes n'avait plus qu'a suivre !!!»

Arrivé au pont Nadau, j'ai même pas réfléchi une seconde: j'ai pris la direction du Cirque, doublant au passage Laurent, s'étonnant de me voir là, ainsi que le reste du groupe de Charentais !!Malheureusement, arrivé la-haut ( 21h18 ), la nuit était tombé, du coup questions spectacle et photos....Maintenant, tout en courant, direction Gavarnie pour se ravitailler et se changer

Il est 21h40 quand j'y arrive; l'espace n'est pas grand et il y a beaucoup de monde; je trouve comme même une chaise! Changement complet: chaussette, pantalon à la place du short, tee-shirt et deux paires de manchettes (car ma veste de froid est toujours humide et j'ai peur d'attraper froid avec), me voilà au sec de la tête au pied, prêt à repartir car à ce moment là, il n'est plus question d'abandonner !!!!changement de stratégie: Je remplie une gourde de soupe et l'autre d'eau, FINI le sucré !je m'alimente bien avant de repartir: soupe+pâte et jambon du pays

22h40, j'enfile les gants et ma veste imperméable pour repartir en compagnie de Laurent M. et de Christophe W.( car ils ne nous laissent pas repartir seul); Le brouillard s 'est installé, on ne voit pas à 50 m devant nous! Malgré tout on a une bonne cadence et je trouve cela plutôt bien; je regarde mon papier: j'ai prévu 4h pour arriver au prochain ravito, ca va le faire; j'envoie vite fait des messages à mes proches pour leur dire qu'en fin de compte, je suis toujours en course! J'aime bien marcher la nuit ce qui me motive encore plus, surtout que je suis encore dans les temps que je me suis définis!

Après une vingtaine de minute, je sens que l'allure diminue; on se fait doubler par les Charentais . Dans un premier temps, c'est Christophe qui a un coup de mou, c'est pas grave, on ralentit; Le brouillard s'épaissit de plus en plus , à ne plus voir à 10m ce qui nous vaut le droit de nous planter à 3 reprises!!! j'enfile mon bas de k-way que j'avais hésiter à emmener et je ne le regretterais pas car le brouillard est bien humide à se demander même si c'est pas une pluie fine qui tombe!!

Lors d'une petite pause, Christophe décide de continuer sûrement pour ne pas attraper froid et estimant qu'on le rattraperait mais peu de temps après, c'est Laurent qui a un coup de mou, s'arrêtant souvent pour reprendre ses esprits; par moment on aperçoit la frontale à Christophe ce qui nous permet de savoir qu'il n'est pas loin mais Laurent s'arrête de plus en plus me disant à plusieurs reprises de partir devant !! Oh ce n'est pas l'envie qui me manque, voulant et pouvant avancé plus vite mais ma conscience me dicte autrement: je ne peux pas le laisse là tout seul: et s'il lui arrive quelque chose ? Je m'en voudrais toute ma vie et tout ça pour quoi? Gagner ½ heure, 1 heure ?

De toute façon, je suis plus têtu que lui et je lui promets de l'amener jusqu'au parking de Bué où là, il pourra décider de continuer ou pas

Nous sommes à peine à 1km du ravito; il est plus de 4h du matin; avec son accord, je décide de partir devant, estimant qu'il me reste une infime chance d'arriver à Esquieze dans les temps; je croise Christophe qui n'était pas loin devant

4h13: Ravito parking Bué;on aura mis plus de 5h30 au lieu des 4h prévu sur mon papier; je me fais pointer et indique qu'il y a deux gars qui ne devrait pas tarder à arriver; j'entre sous la tente pour me ravitailler et voir plusieurs coureurs avec la tête des mauvais jours!! Personne ne repars; je mange une tranche de pain et du jambon; Le bénévole m'indique la direction tout en me signalant qu'un groupe de 4 n'est pas loin devant

Je pars rassuré car j'aperçois deux frontales arrivées: Christophe et Laurent

La piste est large et propre ce qui me permet de courir; je pète la forme et espère que ça dure. 10 mn environ pour rattraper le groupe de 4 qui n'est autre que les Charentais de Montendre; petite discussion pour comprendre qu'il arrête à Esquieze, que c'est trop juste pour arriver dans les temps! Mais je veux y croire jusqu'au bout et me remets à courir tant que je peux

Après ½ heure de « footing », ce sera 1heure de montée avec en prime une chute qui me fait m'assoir quelques instants pour reprendre mes esprits; je me dis qu'il va falloir redoubler de vigilance car avec la fatigue et la lassitude qui s'installe, on est moins lucide.

Je rencontre deux bénévoles, bien courageux et bien emmitouflés, qui sont là pour nous mettre en garde de plusieurs passages dangereux où l'on peut s'aider de cordage fixé aux parois

Ensuite, c'est 50mn de descentes assez dangereuses où je n'arrête pas de déraper et de manquer de me retrouver les « quatre fers en l'air », ce qui arrivera comme même une fois où je déchirerais ma veste au niveau du coude en me réceptionnant; ce qui me fous en rogne vu le prix que cela coûte mais bon je relativise en me disant que je ne suis pas blessé …

Le jour ne va pas tarder à se lever. A l'approche de St Sauveur, on remonte dans un bois où juste avant je rencontre un bénévole qui sort de sa voiture pour me dire: « il te reste ¾ heures jusqu'au ravito, sans grande difficulté !!! »J'en mettrais le double avec notamment plus de 30mn de montée!! Il n'a pas percuté que je suis à plus de 20h de course et que c'était les derniers qui passaient devant lui....

Durant la descente qui mène vers Luz-St-Sauveur puis Esquieze,il est plus de 7h; je me rends à l’évidence: je ne serais pas dans les délais; le temps de me changer, me faire soigner et me ravitailler( même vite fait !!) je ne serais pas repartis pour 7h30. Alors je marche tranquillement voir même en zigzaguant tellement j’ai mal aux pieds avec ces ampoules et les cuisses qui me brulent; Je suis tellement dans mes pensées à me faire une raison que je n'ai même pas de souvenir de la traversée de Luz, je n'ai même pas pensé à prendre des photos, le moral est retombé au plus bas !!J’appelle ma femme pour lui dire que c’est fini en espérant qu’elle trouvera les bons mots pour me réconforter car je sens les nerfs qui lâchent : deux années à suivre ou je n’atteins pas les BH, c’est dur à accepter et à se faire une raison…

Il est 7h50, je suis dans le centre d’Esquieze, un gars sors de la boulangerie et m’encourage ; Je lui dit que c’est fini mais me répond : «non, vas-y ; il n’y a plus de BH » Je n’y crois pas un mot, pensant même qu’il se fout de ma gueule !!!J’arrive au poste de contrôle et l’on me confirme la même chose sauf que dans ma tête, je n’y suis plus et je ne sais plus quoi faire !!!

Je resterais 3h (oui oui 3h!!) à tourner dans la base de vie entre l’attente pour le kiné ( massage des cuisses), le brin de toilette ,changement vestimentaire( alors que je ne sais toujours pas si je repars !!), manger un peu, l’attente pour le podologue( 5 ampoules à soigner!!) et toujours cette question : Qu’est-ce que je fais ?Je n’arrive pas à penser et à prendre une décision surtout que malgré les soins, j’ai du mal à marcher. En me renseignant sur la prochaine navette pour rentrer à Vielle-Aure, j’apprends qu’il me faut attendre encore 2h/2h30.

Du coup, c’est décidé : j’essaye de marcher ¾ d’heure/1h surtout qu’il fait super beau et si ça ne va pas, je reviens prendre la navette

10h57 lorsque je me fais badger pour la sortie. J’ai bien fait le plein ( soupe + eau ) et c’est reparti sous ce soleil radieux; J’ai pas fais une demi-heure que non seulement le moral est également au beau fixe mais que je n’ai plus de douleurs aussi bien aux cuisses qu’aux pieds : la machine est repartie et ce grâce aux Kiné et Podologue : UN GRAND MERCI A EUX !!

Et à ce moment là, je sais que j’irai au bout c’est dans ma tête et rien ne me feras changer d’avis. Tout en marchant, j’envoie quelques messages pour annoncer la nouvelle et je reçois des félicitations en échanges ce qui me booste encore plus. Ce qui est encourageant c’est que je ne suis pas seul puisque l’on se retrouve avec ceux du 160km.

Vue sur Luz-St-Sauveur / Esquièze

Vue sur Luz-St-Sauveur / Esquièze

Tout en avançant d'un pas décidé, je me pose la question de savoir si je peux rallier l'arrivée dans les temps impartis, c'est à dire 23h; car aux dernières nouvelles, les autres barrières horaires n'étaient pas annulées! Pour Tournaboup ( où je ne serais pas dans les temps prévus), je serais bientôt fixé s'ils nous laissent repartir. Pour le final, il me reste 40km à faire en 12h: c'est largement jouable si je garde la forme; l'envie est là et bien décidé à aller au bout.

Je n'ai pas l'impression que la montée depuis Esquieze est dure mais toujours est il que ça monte tout le temps; Nous passons les villages de Soula, Esterre, Viella et enfin Betpouey; Nous empruntons ensuite une piste forestière puis, passé un restaurant, une route goudronnée qui descend légèrement où l'on peut courir un peu et qui va nous amener au ravito de Tournaboup. Il est 13h50, là, je n'ai pas le temps de me poser la question que tout en scannant mon dossard, le bénévole me souhaite une bonne continuation: c'est qu'on peut repartir, c'est super!! En plus sur mon petit bout de papier, j'avais prévu 4h pour faire Esquièze-Tournaboup, je mettrais 2h50, la montée étant moins dure que ce que j'avais imaginé; Mais bon, je suis dans une bonne spirale donc ça aide!!

GRP 2014 ( 120 km )GRP 2014 ( 120 km )
GRP 2014 ( 120 km )

Après 20mn passé au ravito entre les WC, le massage vite fait des cuisses à la lotion de Foucault et manger , me voilà repartir pour la dernière grosse difficulté: atteindre la Hourquette Nère ( 2465m) c'est à dire se taper 1000 m D+ en 8,4 km

On retrouve du monde sur cette partie (c'est le même final pour les 3 courses) où je n'arrête pas de me faire doubler; en effet, ceux qui sont sur le 80 en sont à un peu plus de 9h de course et ont une cadence plus rapide que je n'essaye même pas de suivre afin de ne pas me mettre dans le rouge; beaucoup d'encouragements mais la conversation ne dure pas longtemps. Cela permet de garder le moral même si certains passages ne sont pas faciles comme les gros blocs de pierre par exemple

Autrement dans l'ensemble la montée se fait bien; aucunes douleurs n'apparait ce qui est plutôt bon signe mais je ne m'enflamme pas car je sais qu'un coup de moins bien peut vite arriver!!

Après environ 6 km d'ascension, on arrive au ravito en eau à la cabane d'Aygues cluses; pour l'anecdote, l'eau a été montée sur des dos d'ânes !!!! Le beau temps est toujours au rendez vous et il fait chaud;Je bois l'équivalent d'une demi gourde et la remplis ensuite.

GRP 2014 ( 120 km )

Il reste 2km et un peu plus de 300m à monter pour atteindre le sommet; on contourne un petit lac sur des gros pierrers (que je n'aime pas!!!), puis on entame cette montée tout en apercevant ceux qui y sont presque. Je double un gars du 160 avec qui j'avais discuté pas mal de temps lors de la montée vers Tournaboup; à ce moment là, il était bien et même mieux que moi mais là il a du mal, il n'avance vraiment plus; je l'encourage du mieux que je peux mais je sais que ce n'est pas facile lorsque l'on n'est pas bien; il me dit que ça va le faire, tant mieux;

J'atteins le sommet à 16h55 pour découvrir une superbe vue sur le lac de Porbielh; ça fait parti des récompenses que l'on a pendant la course !!!!

GRP 2014 ( 120 km )

Maintenant, direction Merlan pour le dernier ravitaillement avant l'arrivée; La descente nous fait passer entre les 2 lacs où je perdrais un peu de temps à essayer de téléphoner et à envoyer des messages afin de prévenir ma femme et Marco pour qu'il se prépare à une éventuelle arrivée vers 20h30.

Je retrouve Didier d'abord puis Mathieu un petit peu plus loin (père et fils) que j'avais aperçu à Esquieze et qui étaient partis 2h avant moi; Il compte arriver également vers 20h30/ 21h mais reste à l'écart derrière, Mathieu attendant son père qui accuse un peu le coup.

Je me mets à courir; pas très vite mais à courir quand même. Des groupes du 80 se sont formés et descendent en file indienne; dès que j'entends des coureurs derrière mes talons, je les laisse passer pour ne pas gêner et surtout pour ne pas me sentir oppressé.

GRP 2014 ( 120 km )

On entre ensuite dans une forêt où il faut rester vigilant, vu l'état du sol et les racines entre autres.

GRP 2014 ( 120 km )

A la sortie de celle-ci, on découvre le lac de l'Oule que l'on contourne par la gauche pour rejoindre après une dernière petite montée le restaurant Merlans où nous attend le dernier pointage ainsi que le dernier ravito du parcours

GRP 2014 ( 120 km )

Et il est pratiquement 19h00 lorsque j'y arrive; soupe et jambon du pays m'attendent ainsi qu'un verre de coca; une alimentation que je n'aurais pas changé depuis Gavarnie bannissant les boissons isotoniques et les gels; ce qui m'aura plutôt réussi depuis mes déboires d'avant le refuge d'Espuguette!!! petite conversation téléphonique avec Bruno tout en buvant un thé pour lui dire que cela devient bon et que je devrais voir la ligne d'arrivée avant la nuit

Après 10mn de pause, je repars; petit coup d'œil mais je n'aperçois ni Mathieu ni Didier. Je sors mes bâtons: cette fois c'est sûr, c'est la dernière montée. C'est après avoir fait 200m env. que je m'aperçois que j'ai oublié de remplir mes gourdes: tant pis je ne redescend pas, ça va le faire, il me reste un fond!! Et puis tout en montant, je discute avec un gars du 80 , Gérard du club de Redon habitant à une vingtaine de km de chez moi!! Je m'enthousiasme à l'idée de ne pas faire les 11 derniers km tout seul. Passer le col du Portet, on attaque la descente et quelle descente !!!! je commence à courir mais la pente est trop abrupt pour moi, ça me tape dans les cuisses qui me font mal; j'ai du mal à m'arrêter; j'ai l'impression que je vais faire un roulé-boulé, quelque chose de mignon!! Finalement non, j'arrive tant bien que mal à freiner et à me stabiliser pour continuer mais en marchant. Je n'aperçois déjà plus Gérard. Je rappelle ma femme pour qu'elle ne se presse pas , que je ne serai pas là avant 21h00/21h15. La large piste nous amène sur une route goudronnée au niveau d'Espiaube; Je commence à avoir quelques larmes en pensant que je vais bientôt franchir la ligne d'arrivée mais je me ressaisis; il ne faut pas que mes nerfs lâchent maintenant car je ne suis pas à l'abri d'une mauvaise chute; ayant reconnu avec Marco la dernière partie, je sais que c'est glissant et donc dangereux

Vue sur Vielle-Aure, St Lary et Vignec à l'approche de la nuit

Vue sur Vielle-Aure, St Lary et Vignec à l'approche de la nuit

Après la route , c'est un bois que l'on emprunte pour rejoindre Vignec. La nuit approche et dans la deuxième partie du bois, c'est de plus en plus sombre; obligé de sortir la frontale; je n'ai que la petite à portée de main ne voulant pas défaire mon sac. Le problème c'est qu'elle éclaire moins bien que l'autre mais cela va suffire; Par trois fois je manque de me ratatiner sur des parties boueuses ou sur des cailloux encore mouillés. Je ne suis pas rassuré car je suis de moins en moins lucide pensant trop à cette arrivée qui tarde à venir

Enfin on sort du bois pour arriver sur le bitume et l'entrée de Vignec. Dans ce bourg je me fais doubler pour la dernière fois. Je suis félicité de partout par les gens qui attendent leurs coureurs; cela fait chaud au cœur; je suis à deux doigt de fondre en larmes, je me retiens mais c'est dur car après 36h de course et une nuit blanche …

Je passe le rond-point pour prendre la direction de Vielle-Aure: Ah, je l'ai imaginé maintes et maintes fois cette arrivée, je l'ai rêvé et elle est là, qui me tends les bras. Sur cette route, Marco et sa fille Maylis viennent à ma rencontre, cela fait plaisir; dans le 1er virage, je retrouve ma petite famille ainsi que Fabienne et Lénaïs que je remercie pour leur soutien et leur présence

Ma fille me prend la main et c'est avec elle que je fini cette course en courant,applaudis de partout et par tout le monde sur mon passage; La rue est encore sombre mais à 50m de l'arrivée, c'est le tapis rouge et les projecteurs qui nous attendent avec quelques flashs en prime; je ne sais pas où regarder et je dis merci je ne sais combien de fois;

Je passe la ligne après 36 h 31 mn de course et pleins de souvenirs en tête ( bons et moins bons!! ) mais avec le regret de ne pas avoir assez pris de photos/vidéos pour immortaliser encore plus l'évènement même si la météo n'a pas été toujours clémente !!

Je remercie l'organisation pour cette superbe aventure ainsi que les bénévoles pour leurs dévouements sans oublier les kinés et podologues pour leur remarquable travail sans qui on irait peut-être pas très loin …...

Je remercie également et tout particulière ma femme et ce depuis l'inscription pour son soutien à tous les niveaux car on passe par pas mal de concessions pour arriver à cette concrétisation

Pour finir, je remercie aussi tous ceux qui m'ont soutenus directement ou indirectement de part leurs messages d'encouragements ou autres

Un peu fatigué, le gars....
Un peu fatigué, le gars....

A très bientôt

Yannick D. ( le trailer aux bâtons tordus!!)

Mes supporters à l'arrivée
Mes supporters à l'arrivéeMes supporters à l'arrivée

Mes supporters à l'arrivée

PS: Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus.

En supplément, une petite vidéo souvenir

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