Cet été, j'ai fait une escapade dans les Pyrénées afin de suivre deux copains ( Yannick B. et Bruno L. ) sur le GRP de 160 km. Ayant envie de faire le 80 km en 2013, cela me permettait de voir comment ça se passe sur des grandes courses au niveau de l'organisation , du ravitaillement , de la gestion du matos ( plusieurs "base de vie"), etc, etc ...
LE DEPART
Vendredi 24 Août : l'ambiance était au rendez-vous avec plus de 750 coureurs au départ de Vielle Aure qui fût donné à 7h au lieu de 5h à cause de la météo ( beaucoup de vent , surtout sur le Pic du Midi : 80 à 100 km/h annoncé)
Départ du Grand Raid des Pyrénées ( 160 km )
Une fois les derniers concurrents passés à Soulan, je fais une pause photo avec "mon ami Dawa" et je prend ma voiture direction Arreau puis montée du Col d'Aspin pour arriver à Artigues où a lieu le 2ème ravitaillement. Les premiers coureurs ne sont pas encore passés; Je m'équipe et je pars à leur rencontre pour ma 1ère rando en direction de Gréziolles avec au programme 970 m D+
PREMIERE RANDONNEE
9h50 : c'est sous un beau soleil que j'entame la montée. A peine 1 km pour arrivée à la cascade du Garet et déjà pas mal de gens sont sur les bords des chemins. Après 2 ou 3 km, je rencontre les premiers coureurs. Je poursuis ma rando en direction du Lac de Gréziolles .
Je fais la «connaissance» de quelques vaches du pays et je continue à encourager les coureurs que je croise lors de mon ascension
Arrivé au barrage du réservoir des Laquets, je suis obligé de m'arrêter car beaucoup de coureurs arrivent en file indienne sur un chemin étroit . C'est là que je vois Yannick; le temps d'une petite causette et d'une photo et le voilà repartis. Après 15mn d'attente où j'en ai profité pour manger un peu et lorsque le chemin est pratiquement libre, je continue ma progression à la rencontre de Bruno .
C'est au bout du lac de Gréziolles que je l'aperçois, un peu énervé ( je croix qu'il en a marre des cailloux !!!!) ; Après environ 2h15 ( avec les pauses) d'ascension pour 7,5km , je redescend donc avec lui vers Artigues
13h25 : nous arrivons au ravitaillement; Bruno prend le temps de manger, de se changer, de refaire le plein du camelbak et repars pour une nouvelle ascension aux alentours de 14h.Malheureusement , il sait qu'il ne pourra pas monter au pic du Midi étant donné qu'il faut arriver avant 15h (ou 15h30 je ne sais plus ) au col de Sencours! Coup dur pour le moral sachant que c'est le monument de la course. Pour ma part , je me change également et reprend ma voiture en direction du Tourmalet
COL DU SENCOURS / PIC DU MIDI
15h20: après avoir mangé un peu , je pars pour ma 2ème rando vers le Pic du Midi; j'aurais à peu près 850m de D+; le vent n'est pas très chaud; je mets 34 mn pour monter au col de Sencours; C'est le carrefour ( avec ravito et assistance médicale) entre ceux qui arrivent d 'Artigues et ceux qui montent ou descendent du Pic du Midi; autant dire qu'il y a du monde à ce ravitaillement dans une petite cabane en pierre bien retapée.
Vue du Pic du Midi depuis le col du Sencours
A ce moment là , je ne sais pas quoi faire : Yannick est il déjà passé ? Dans combien de temps va arriver Bruno? Mais le vent froid me dicte ma décision, il faut que je bouge; je pars donc pour l'ascension du Pic mais ce sera de très courte durée car je vois Yannick qui arrive. Je l'accompagne donc au ravito et j'en profite pour zyeuter tout le monde afin de voir l'organisation et l'équipement de chacun!
A peine le temps de le voir repartir pour Hautacam et de m'élancer pour le Pic que j'aperçois Bruno; je l'encourage à son tour et le réconforte car je vois en lui une certaine frustration de ne pas pouvoir monter ce col mythique ! Après environ une ½ heure de pause , le voilà reparti bien décidé vers Hautacam.
16h30 : malgré quelques nuages , je pars comme même faire cette montée vers le Pic avec environ 530 de D+; je croise encore des coureurs, les derniers à s'être élancé avant 15h( ou 15h30) ; c'est en 47 mn que j'atteins le fameux sommet (2876m). Après quelques photos et vidéos, je redescend en courant jusqu'à la voiture.
18h23 : j'arrive au Tourmalet; le brouillard a fait son apparition, et il y a beaucoup de vent; je ne tarde pas à me changer et je pars pour Villelongue
Arrivé sur place , je mange et j'essaye de dormir un peu car je dois faire la rando de nuit avec Bruno ( s'il veut bien que je l'accompagne !!!); je m'allonge 1h30 dans la voiture sans réussir à fermer les yeux; je me prépare donc pour ma 3ème rando et je rejoins le ravito pour voir les coureurs ; je n'attends pas longtemps pour voir Bruno; le temps de se débarbouiller un peu , direction les kinés; pendant ce temps je lui remplis son camelbak et me renseigne sur le passage de Yannick: ZUT , je l'ai loupé pour 2-3 mn !!!! En plus il est passé JUSTE à coté de la voiture quand j'étais à me préparer : MAIS OU AVAIT-IL LA TÊTE ?????????? ( rire)
RANDO DE NUIT
00h50: départ de Soulom pour la rando de nuit. Je ne prend pas ma caméra car je pensais arriver en bas avant la levée du jour ( je le regretterais ). Direction le Pic du Cabaliros ( réputé assez dur: 2334m et près de 2000m de D+) pour atteindre ensuite Cauterets. 11 kms d'ascension pour rejoindre dans un premier temps le ravitaillement du Pouy Dromide; passage à l'infirmerie pour des ampoules aux pieds; je suis agréablement surpris car les bénévoles m'invitent à rentrer dans la tente pour me ravitailler malgré que je n'ai pas de dossard; j'ai trouvé cela super sympa et je ne me suis pas fait prier car il ne faisait pas chaud; après environ 20 mn de pause , on repart pour 5 kms d'ascension. On voit par moment des coureurs dormir avec leur couverture de survie pour ne pas attraper froid ; pour certains , c'est une pause pour récupérer car la montée n'est pas facile : la nuit + le froid + la fatigue , des paramêtres que l'on a pas l'habitude de rencontrer . Avec Bruno , on continue , on ne s'arrête pas ; on ne va pas vite mais on a une bonne petite cadence . Pour le paysage on reviendra car on ne voit que des loupiotes par ci par là !!
LA DESCENTE AUX ENFER !!
5h55: on atteint le sommet du Cabaliros ; on ne tarde pas à grignoter un petit en-cas et on entame la descente; à peine commencé ,Bruno se fait mal au genou ; commence alors une descente galère ( pour lui !!!) avec la douleur et les idées noires qui fusent car dans sa tête l'aventure s'arrête à Cauterets. J'essaye de l'encourager, lui dit de prendre sa décision une fois arrivé en bas et surtout après avoir vu un kiné ou un médecin; c'est vrai qu'avec une blessure , c'est pas facile mais bon avec Bruno, pour ceux qui le connaisse, je vous laisse imaginer.... !!!!
On aperçoit le jour se lever, c'est bon signe, c'est qu'on approche du ravitaillement qui se trouve au km 100.Bruno continue «un peu» à râler de temps en temps; et puis on décide de courir et là , super , la douleur s'estompe; du coup le moral remonte . Bon signe pour la suite. On court environ pendant 4-5 km avec au passage deux gamelles de ...( je ne dirais pas qui !!!!!!)
8h35 : Cauterets. Avant même de s'alimenter, Bruno file voir les kinés ( s'il continue comme cela, il va connaître tous les kinés du Grand Raid !!! Ah Ah Ah!!!) avec en plus un nouveau supporter : son père ( en vacances à Cauterets même). Les soins effectués , quelques verres de soupes et de coca avalés et le voilà repartis avec un meilleur moral ( pour la petite anecdote : c'est après 500m que Bruno s'apercevra que le strapping a été fait sur le MAUVAIS genou !!!!!)
9h05 : je me fais remonter à Soulom ( 10 km ) pour récupérer ma voiture. Garé sur un air de camping-car , je profite du point d'eau pour faire un brin de toilette et déjeuner par la même occasion avant de rejoindre Esquieze-Sère pour retrouver Yannick et effectuer une dernière randonnée
CHANGEMENT DE PARTENAIRE
30 mn de route pour rejoindre Esquieze Sère; Yannick est déjà arrivé; il passera 1h30 à ce ravitaillement, tout comme celui de Villelongue : c'est les 2 bases de vie où les coureurs peuvent récupérer leur sac ( qu'ils auront déposé la veille de la course ) contenant entre autres des vêtements de rechange et ou le ravitaillement est plus important avec notamment des pâtes .
La prochaine étape de Yannick n'offrant pas beaucoup de dénivelé, je décide d'aller en voiture jusqu'à Tournaboup ; Ayant de l'avance , je décide à nouveau de dormir mais je n'y arrive toujours pas . Je vais donc, après avoir mangé, encourager les concurrents du 80 comme du 160 km en attendant Yannick et Yvon ( un morbihannais) avec qui il finira la course
14h15 : Je les aperçois assez souriants et pas trop l'air fatigué; j'entame donc ma 4ème randonnée avec eux en direction du Col de Barège( 2469m) . Cette partie du circuit offre 1033 m de D+ avec une variation de terrain entre des gros cailloux , de l'herbe ,des traversées de ruisseau etc etc ….Nous ne sommes pas seul, on aperçoit du monde devant et derrière. La montée se fait relativement bien .Petit point d'eau à Aygues Cluses avant d'entamer les deux derniers km les plus raides pour rejoindre le col.
16h55: arrivée au sommet du Col de Barège. Ils nous aura fallut 2h33 pour effectuer les 8,5 km de montée par un temps humide; le soleil n'aura pas été au rendez-vous de cette deuxième journée; Yannick et Yvon partent pour leurs 20 derniers km en direction du col de Portet et de Vielle Aure; Pour ma part , je rebrousse chemin pour peut-être retrouver Bruno; je mettrais exactement 2h00 pour retourner à Tournaboup ; dans la descente je croise mon chemin avec un berger à la recherche de son bétail; je passerais plus de 5 mn à causer avec ce montagnard fort bien sympathique . Je croise bien entendu mon chemin avec les coureurs des 3 courses dont certains souffrent mais s'accrochent à ce qu'ils peuvent. J'en verrais un du 240 km faire demi-tour dû à trop d'ampoules aux pieds. La fin de la descente est difficile car une pluie fine se met à tomber et les cailloux sont rendus glissant ce qui me vaudra une petite torsion de la cheville sans grande gravité ni conséquence
18h54: arrivée à Tournaboup et le timing est bon car Bruno arrive à 19h00; pas besoin d'attendre longtemps, quoique.....Après s'être alimenté , il veut aller au WC avant de repartir: je me demande encore s'il ne s'est pas endormi car j'ai trouvé le temps long !!! ( si j'avais su je l'aurai chronométré !!!!!!!) et je commençais sérieusement à avoir froid !Après un «certain»temps donc nous repartons en direction du Col de Barège. Je ne l'accompagnerais que très peu de temps ( 15/20mn ) car j'avais laissé ma voiture un peu plus haut , au pont de la Gaubie.
19h30 : je laisse Bruno entamer sa deuxième nuit; Le moral a l'air bon mais pas le temps , faut faire avec !!! En ce qui concerne les barrières horaires , c'est juste mais ça passe; il lui reste 30 km à parcourir avec 2 cols à monter pour arriver avant 7h
FIN DES RANDOS ET RETOUR A VIELLE AURE
Je ne prends pas le temps de me changer et je prends la direction de Vielle Aure vie la mongie et le col d'aspin; d'après mes calculs, j'ai le temps de rentrer au camping , prendre un bonne douche et de rejoindre la ligne d'arrivée pour accueillir Yannick dans son finish. Je ne roule pas vite, la visibilité n'est pas très bonne et je tombe sur des manifestations !!!!!
Passé le col d'Aspin, coup de téléphone ; C'est Yannick , merde qu'est ce qui lui arrive? Je décroche et là déception pour moi mais pas pour lui : il est déjà arrivé, il est 20h42; j'avais prévu une arrivée vers 22h mais ils se sont mis à courir sur la fin , franchement y'a pas idée de faire des choses pareilles !!!! Du Coup pas de photos du finish !!!
Après avoir pris une bonne douche ( et Dieu sait que cela fait du bien ) , nous retournons sur le site rejoindre Yvon pour boire une bonne bière ( et Dieu sait ...etc etc !!) et manger une paëlla; ensuite petit dodo car je m'attend à un coup de fil dans la nuit de Bruno pour son arrivée ( je lui avais dit de m'appeler ) ; malheureusement il me téléphonera UNE FOIS arrivée donc comme pour Yannick : pas de photo de finish !!! A croire qu'ils n'en voulaient pas ?!?!?!
CONCLUSION
Voilà les deux jours passés dans les Pyrénées au travers de la course; 70km de randonnées pour 4850 m de D+. Cela m'a encore plus donné l'envie de le faire; seul petit changement, ça ne sera pas sur le 80 km comme je l'avais prévu mais plutôt sur le 160 km afin de profiter encore plus du paysage et de la course ( même si cela sera plus dur ….!!!!); et puis quitte à descendre dans le bas de la France …..
A la prochaine ,(j'espère) pour de nouvelles aventures